Placement : conseils pour investir

arnaque placement - https://patrimoinexperts.net

« Eric, met régulièrement de l’argent de côté, sur un placement bancaire,  afin de prévenir un éventuel imprévu. Il finit par accumuler la somme de 30.000 €. Sa banque le contacte alors pour lui proposer de placer cet argent. Selon elle, Eric perd de l’argent en laissant ses économies sur un compte d’épargne alors qu’il pourrait l’utiliser pour obtenir un meilleur rendement.

Eric se laisse tenter et convient d’un rendez-vous dans son agence.

Il y fait savoir qu’il entend rester très prudent et ne veut pas prendre le moins de risque.

Le banquier lui propose un produit au rendement potentiel de 6%. Ce rendement dépend des prestations de 10 grandes actions européennes sélectionnée par la banque.

A l’échéance du produit, 5 ans plus tard, le capital est remboursé à 100%, sauf si le cours d’une des actions a chuté de plus de 50% en 5 ans.

Eric se demande si le produit n’est pas trop risqué mais le banquier le rassure en mettant l’accent sur le caractère solide des actions sélectionnées et sur le fait que le produit jouit d’un mécanisme de protection de capital.

La fiche technique du produit mentionne d’ailleurs que le produit est à « capital protégé ». Convaincu par ces arguments, Eric se laisse tenter.

Cinq ans plus tard, une des actions du panier sélectionné a perdu 65% de sa valeur suite à de très mauvais résultats de la société concernée depuis plusieurs années et Eric apprend avec surprise qu’il ne récupérera qu’une petite partie de son investissement. »

 

Vous recherchez logiquement le meilleur rendement pour vos placements. Mais parfois, à trop vouloir gagner, vous pouvez céder aux sirènes de placements dont les espérances réelles de gains sont malheureusement bien faibles, voire nulles, à long terme.

Je le reconnais volontiers, déjouer les pièges d’un arnaqueur professionnel, ne sont pas faciles à démasquer, même pour un professionnel de la finance.

Par exemple, Madoff : Une véritable arnaque sur fond de légitimité. Madoff était un grand nom de la bourse américaine, et peu de personnes ont vu le traquenard.

De nombreux autres cas existent, moins spectaculaires. Tous ont le même dénominateur commun : des rendements élevés, rapidement… Enfin, au début.

A contrario, il existe des placements que certains épargnants qualifient d’arnaque, à tort.

En effet, le terme « arnaque » vient rapidement dans nos propos quand nous perdons de l’argent sur un placement, que l’on pensait à tort sans risque. Dans la plupart des cas, il ne s’agit pas d’arnaque, en tant que telle, mais d’un manque de compréhension du placement en question lors de sa souscription.

Toutefois, et je vous le concède, parfois votre méconnaissance du produit financier lors de sa souscription, peut être favorisé par la volonté plus ou moins consciente de votre «conseiller financier».

Toujours est-il que tout ce qui brille n’est pas de l’or, et une simple analyse permet de savoir s’il s’agit du précieux métal ou de plomb recouvert d’une peinture dorée.

Donc pour démasquer ces arnaques, je vous suggère ces quelques conseils, simples, pour tenter d’éviter les pièges des placements miraculeux.

 

Taux de rendement trop élevés ?

Il est une règle essentielle à retenir dans la finance : « rendement élevé signifie risque élevé ».

 

Exemple : Les fonds d’investissement désireux de placer leur argent à taux élevé prêtent à l’Espagne ou à la Grèce, mais savent qu’ils risquent de ne pas se faire payer.

 

En matière de placement financier, le risque est rémunéré, l’absence de risque ne l’est pas, voyez votre livret A. Donc, une fois pour toute, inscrivez dans vos gènes qu’un rendement élevé est bien souvent synonyme de prise de risques.

Lorsque des sociétés douteuses ont besoin d’attirer les particuliers, elles doivent promettre un taux de rendement élevé. Seulement, en cas de faillite, les gestionnaires disparaissent dans la nature…avec votre argent bien sur !

Rappelez-vous la règle absolue : plus le taux de rendement promis est élevé, plus la méfiance est de mise.

 

Quelle perte de capital suis-je prêt(e) à accepter ?

Ne pas faire d’erreur dans ses choix, cela passe souvent par bien se connaître soi-même.

Commencez par déterminer si vous êtes un épargnant :

 

  • « prudent »,

 

  • « stratège »,

 

  • « audacieux »

 

  • « fiscophobe »

 

Inutile de tourner autour du pot !

Si vous souhaitez ne prendre aucun risque avec votre argent, inutile de donner suite à la moindre présentation de produit financier, dont l’actif est, de près ou de loin, lié aux actions, indices boursier, devises, etc.).

Votre prudence doit normalement vous mener à loger vos liquidités dans des livrets (A, développement durable et épargne populaire), des comptes à terme, un plan d’épargne-logement ou une assurance-vie en euros où vos avoirs seront, certes, (très) faiblement rémunérés mais à l’abri de toute petite ou grande bourrasque.

Connaissez le rendement d’une épargne sans risque !

Si vous connaissez le taux de rémunération du livret A, vous aurez facilement des soupçons lorsque l’on vous proposera un placement sans risque à 8% sur 5 ans !

 

Maîtrisez la fiscalité du placement avant de souscrire.

Posez-vous cette question.

 

Comment seront traités fiscalement mes placements ?

 

Avant de souscrire des produits dont vous ne maîtrisez pas le traitement fiscal, consultez votre centre d’impôt, par exemple, afin d’avoir une réponse claire et écrite.

 

Quelle est la nature exacte du placement proposé ?

Pour répondre à cette question demandez-vous :

 

  • Le placement est-t-il souscrit auprès d’une banque ou d’une institution financière reconnue ?
  • Quelle est la date de début de commercialisation du produit ?
  • Durée de placement : Court, moyen, long terme ?
  • Structure du produit : A quels marchés le placement est-t-il attaché ?
  • Quelle est la destination des transferts d’argent ?
  • Quelles sont les garanties proposées ?

 

Les conditions générales de tous les placements doivent être examinées à la loupe.

Vous devez savoir où et dans quoi vos capitaux seront placés.

La stratégie préférée des arnaqueurs du placement est de fournir une explication confuse et compliquée quant à la destination des capitaux. Au moyen de termes techniques incompréhensibles, même aux diplômés de la finance, on explique aux consommateurs que leur argent sera placé sur des marchés porteurs.

Pour éviter cela, vous devez clairement déterminer dans quel secteur ira votre argent, et surtout au sein de quelles entreprises.

Vos capitaux seront-ils directement injectés dans certaines sociétés en particulier, ou via un autre fonds, qui lui-même investira sur un autre fonds, etc. ?

Comprendre les mécanismes d’un placement est primordial, si le produit semble trop complexe pour vous, passez votre chemin !

Qui est mon interlocuteur ?

Les personnes qui vous contactent doivent être identifiées, de plus le discours tenu doit être clair.

 

  • Qui est mon interlocuteur ?
  • Pour quel établissement travaille-t-il ?
  • Comment est-il rémunéré ?
  • Par qui ?
  • La société à laquelle vous allez confier votre épargne est-elle domiciliée en France, ou dans la boîte aux lettres d’un paradis fiscal ?

 

Il est intéressant de connaître au préalable l’organisme d’agrément ou l’immatriculation de l’intermédiaire financier. Vous pourrez ainsi mener votre petite enquête.

Sur la proposition que l’on vous fait, il doit apparaître quelque part le nom de la société qui joue les intermédiaires. Faites une recherche sur Internet pour voir si l’on en parle dans la presse, faites même une recherche sur le contact de la société.

Vous devez être clairement en mesure d’identifier l’adresse physique de l’intermédiaire, et de déterminer s’il s’agit d’une société récemment créée, ou bénéficiant déjà d’une longue expérience.

Vous devez également être en mesure d’identifier les gérants de la société, et de mettre en avant leur bagage professionnel.

Les premières entrevues permettent de jauger la qualité du conseil, n’hésitez pas à poser le maximum de questions.

 

Ce produit correspond-t-il à mon horizon de placement ?

Aaaah ! La bonne question.

A chaque projet d’épargne son horizon de placement.

Avant de placer son argent, vous devez vous s’efforcer de bien définir votre projet.

Pour cela, il est nécessaire de déterminer votre horizon de placement (Durée pendant laquelle vous pensez que vous n’aurez pas besoin des fonds placés).

 

  1. S’agit-il par exemple de constituer un capital pour des travaux dans 5 ans ?
  2. Ou s’agit-il de préparer financièrement sa retraite qui commencera dans 20 ans ?

 

Avec certains placements, l’épargne reste disponible à tout moment et sans risque. C’est le cas par exemple des livrets d’épargne.

Mais avec d’autres placements, en particulier les solutions d’investissement en Bourse, c’est différent : la durée recommandée est de plusieurs années. Cette durée est celle qui permet en principe de profiter du potentiel de rendement de l’investissement ou d’avantages fiscaux.

Pour bien investir, vous devez vous s’assurer que la durée recommandée du placement envisagé correspond bien à l’horizon de votre projet.

 

Gare aux frais !

Je le rappel, les rendements trop performants doivent vous alerter.

Les frais élevés également.

Restez donc vigilant et ne souscrivez pas sans avoir la liste complète des frais du placement : les frais d’ouverture, de versement, de gestion, de transfert, de rachat ou de vente, de clôture de compte.

En connaissant tous les frais, vous pourrez évaluer de nouveau si la rémunération proposée, déduite de tous les frais, vaut la prise de risque prise.

 

Valider la notoriété du placement

Attention, un placement reconnu par les professionnels n’empêche pas les arnaques, rappelez-vous de Madoff.

Par contre, des organismes de contrôles indépendants peuvent vous en dire plus sur votre futur placement.

AMF Epargne Info Service

ABE Info service

Ne jamais souscrire sous la pression !

La nuit porte conseils !

Ne vous engagez pas sous la pression. Donnez-vous, au moins, une nuit de réflexion.

Soyez certain d’avoir compris totalement tous les mécanismes de votre futur placement avant de signer.

Enfin, un placement financier ne se signe pas la veille d’une date butoir…

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